Doctoblog

Le blog des Docteurs qui défendent leur thèse et se la jouent Ph.D. ! animé par Claude FORSANS et Marie Dominique PUJOL, à la demande des doctorants qui souhaitent garder contact après l'expérience des Doctoriales.

16 décembre 2007

Vous avez dit impertinent ?

"Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard, ni patience." René CHAR

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Sciences sociales et innovation

Club des entreprises de l’ABG

Rencontre Docteurs-Entreprises sur le thème :

« Les sciences humaines et sociales :

catalyseurs de l’innovation en entreprise »

Vendredi 14 décembre 2007

Rencontre ou juxtaposition de représentations ? à vos commentaires !

J’invite le lecteur à prendre avec précaution les propos qui suivent et dont j’assume l’entière subjectivité.

L’objectif de cette matinée a été énoncé comme étant le suivant : « Ces échanges (entre doctorants, docteurs, cadres dirigeants d’entreprise et représentants des écoles doctorales) visent à faire exprimer, par les doctorants les compétences transversales qu’ils développent au travers de leur expérience de recherche et à leur faire découvrir la richesse et les attentes des entreprises. Réciproquement, les représentants des entreprises y trouveront une opportunité de découvrir les potentiels que recèlent des doctorants dans la perspective d’une ‘économie de la connaissance’ et du développement de l’immatériel ».

A ce titre, l’objectif a été largement atteint. D’un côté, les doctorants et docteurs qui ont témoigné de leurs expériences et compétences (pré-listées : analyse de problématiques floues, gestion de projet, création d’un réseau professionnel, adaptabilité, dimension internationale et interculturelle des recherches, capacité à communiquer, etc.) ont pu démontrer leur inscription légitime dans l’entreprise ainsi que la valeur ajoutée qu’ils peuvent lui apporter (même si certains auditeurs ont manifesté un certain scepticisme quant à la représentativité des doctorants et docteurs témoins qui représenteraient plutôt « l’élite des docteurs ». Scepticisme partiellement fondé puisque les doctorants et docteurs témoins ont été sélectionnés sur candidature préalable). De l’autre côté, les responsables d’entreprises, par leurs réactions, questions ou allocutions (notamment du Vice Président du comité développement et innovation du Medef) ont révélé leurs représentations et attentes vis-à-vis du monde de la recherche.

C’est dans cette confrontation des représentations et du degré d’empathie de chacun des acteurs que j’ai trouvé un intérêt particulier à cette manifestation. Car, au final, je ne suis pas certaine que les mentalités et conceptions aient beaucoup évolué au sortir de l’amphithéâtre. Il me semble, qu’aujourd’hui, les doctorants qui souhaitent faire carrière dans l’entreprise savent valoriser la thèse comme une expérience professionnelle au cours de laquelle ils développent une multitude de compétences. Dans ce sens, la question de l’employabilité se pose moins au regard de leur capacité à répondre à des besoins et à faire part de leur valeur ajoutée, qu’en terme de marché du travail où les offres demeurent rares. Un exemple : un universitaire, posant la question de l’employabilité de chercheurs en littérature ou musicologie, en même temps qu’il avait bien conscience de ce que ces chercheurs peuvent apporter au sein de l’entreprise, regrettait que ces dernières n’y portent guère intérêt.

Une première explication à ce constat repose sur certains des discours prononcés à travers lesquels se dégage une vision très utilitariste (mais n’est-ce pas légitime finalement ?) de la part des entreprises. Ces dernières attentes des doctorants et docteurs la formulation de « lignes d’actions », « recommandations », « solutions », allant jusqu’à discuter la pertinence du choix de sujets de thèse qui, s’ils offriraient une nouvelle compréhension d’un phénomène, ne seraient pas suffisamment orientés vers la production, à terme, d’outils ou nouvelles pratiques managériales (il suffit de voir la grande attention et valorisation qui a été porté à cette doctorante ayant construit une mallette pratique de formation aux demandeurs d’emploi). A ce titre d’ailleurs, les conceptions des doctorants et docteurs divergent : pour certains, le rôle du chercheur s’arrête à l’analyse et l’explication de la réalité quand, pour d’autres, il est du devoir naturel du chercheur de prendre part aux décisions conséquentes aux résultats de la recherche.

Cette vision utilitariste et pragmatique se retrouve dans la considération même du statut du doctorant ou docteur. Ainsi, certains intervenants n’ont eu aucun scrupule à comparer le rôle d’un stagiaire avec celui d’un doctorant de manière à convaincre l’auditoire que le travail de thèse n’était pas de même nature puisque le doctorant « propose un mémoire bien plus conséquent » ( ?!? Serait-ce la seule différence fondamentale entre un mémoire de dernière année d’école de commerce et une thèse ? Ne peut-on pas imaginer que la comparaison est, en elle-même absurde et que c’est faire insulte à l’auditoire que de croire que certains employeurs fassent encore la confusion ?). Les scrupules n’étaient pas plus présents à l’esprit de ces intervenants qui ont, cette fois, comparé l’utilité du chercheur à celle des diplômés de grandes écoles : « vous n’avez pas à rougir de vos compétences et qualifications face à un polytechnicien » (là encore, la comparaison n’a-t-elle ne serait-ce qu’un peu de sens ? Comparer un directeur général d’entreprise à un chercheur ne revient-il pas à comparer un chou à une carotte ?).

Modérons toutefois mes étonnements, qui proviennent surtout d’une vision différente de la recherche en entreprise. Effectivement, si les potentiels employeurs se permettent des comparaisons à mes yeux malheureuses, c’est parce qu’ils projettent l’emploi d’un docteur dans une fonction opérationnelle et/ou fonctionnelle en entreprise. Ainsi, un docteur sera engagé en tant que responsable de la stratégie s’il a fait, par exemple, une thèse en sciences politiques ; ou en tant que responsable de la R&D, si sa thèse a été réalisé dans une discipline technique répondant à l’activité principale de l’entreprise ; ou en tant que responsable commercial si sa thèse relevait des sciences de gestion. Par contre, j’ai eu le sentiment que l’emploi d’un docteur à un poste de chercheur où il pourrait donc continuer à réaliser des études et des recherches est oblitéré. L’emploi d’un chercheur ne se concevrait qu’à la condition d’une réorientation professionnelle vers un poste où il pourrait mettre en œuvre les compétences acquises au cours de la thèse, à l’exception notable des compétences de recherche !

Les deux mondes ont donc encore du mal à se rencontrer, si ce n’est pour les doctorants et docteurs qui font le deuil d’une carrière orientée dans la recherche, s’inscrirait-elle dans le secteur privé. C’est en tout cas bien ce qu’a souligné cet intervenant, conseillant aux doctorants de faire l’apprentissage de la publicité de leurs « valeurs » : « vous devez apprendre à valoriser vos savoir-faire mais aussi et surtout vos savoir-être ». Or, je vois deux explications à la difficulté de cette réelle rencontre. La première tient aux peu de lieux où chacun, chercheurs et entreprises, peuvent apprendre l’un de l’autre (on peut toutefois souligner ici le mérite de l’ABG ou de l’ANVIE). La deuxième tient à l’incommensurable degré d’attentes et d’exigences porté alors vis-à-vis des doctorants : non seulement ces derniers doivent répondre aux exigences académiques (puisque c’est bien l’université, en dernier ressort, qui délivre le diplôme), qui se sont largement alourdies au fil des années (il convient non seulement de produire un manuscrit de thèse de qualité, mais aussi de publier dans des revues de rang A, de communiquer dans des colloques français et internationaux, de s’intégrer dans son laboratoire en participant aux projets collectifs…), mais ils doivent également investir du temps dans la construction de leur employabilité (et chacun sait qu’il s’agit là d’un full-time job à l’instar d’une recherche d’emploi). Et le tout en 3 ans. Il est effectivement là un mythe encore tenace : la réalisation d’une thèse en SHS en seulement 3 années (il suffit, pour se convaincre de l’impossibilité de cette réalisation de jeter un coup d’œil aux statistiques ministérielles qui évaluent à 4,5 ans la durée moyenne d’une thèse en SHS).

En conclusion, l’ambition première de cette matinée était de se faire rencontrer chacun des acteurs. La rencontre a pris la forme d’une juxtaposition de représentations et de conceptions sans que des discussions de fond n’aient vraiment la place de se réaliser. On peut toutefois porter un regard plus optimiste en considérant qu’il s’agit là d’un premier pas vers une réelle compréhension mutuelle. Optimisme pour ma part redoublé lorsque j’ai entendu cet intervenant préciser que « la réelle valeur ajoutée du docteur c’est son impertinence. Impertinence qu’il ne doit pas sacrifier au nom d’une dévotion totale aux attentes et visions de l’entreprise ». En espérant que cette parole ne soit pas le fait d’un responsable d’entreprise isolé…

Posté par pujol à 10:03 - Actu - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 décembre 2007

de la communication

Dans la communication , l'important c'est ce que l'autre a compris.

Anonyme

Posté par cforsans à 06:54 - petite phrase de la semaine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2007

MEDEF

Commentaire :
J'étais à la première partie de la réunion du Medef, de 9h à 11h15. Je n'ai donc pas assisté à la partie présentée par les écoles doctorales (mais je connaissais déjà bien 3 des 5 dispositifs présentés). J'ai trouvé que cette réunion avait le mérite de poser le problème mais n'a pas servi à grand chose de plus qu'à sensibiliser les personnes présentes encore non consciente du gâchis potentiel qui consiste à laisser les docteurs sur le carreau: les qualités qui permettent aux docteurs de s'insérer avec succès dans l'entreprise ont été évoquées et des exemples vivants étaient là pour ne témoigner. Cependant pour moi, le problème de fond a été soigneusement éludé, à savoir la visibilité sur le marché des formations dispensées par les universités. L'absence de clarté dans le classement des filières et écoles doctorales (est-elle due au mythe égalitaire?) fait que les ressources humaines peuvent se retrouver perdues: devant faire confiance aux personnes plus qu'à leur CV, ces-derniers ne passent souvent pas le premier round de sélection. Le débat est ici ouvert sur les solutions à apporter à ce problème, mais limiter l'atomisation des écoles doctorales serait peut-être une idée... L'absence de réseau d'anciens et de communication vers l'entreprise n'arrange en rien l'employabilité des docteurs mais là on voit des choses avancer très doucement. Bref, pour moi le point positif de cette réunion était de voir les choses se mettre en route, mais je reste encore dubitative sur les moyens qui permettront de faire rattraper le retard de la France par rapport au reste du monde dans sa valorisation des docteurs.

Auteur : Elodie

Posté par cforsans à 19:02 - Actu - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2007

la phrase en question...

Il est encore plus facile de juger de l’esprit d’un homme par ses questions que par ses réponses.

Duc de Levis

Posté par cforsans à 09:03 - petite phrase de la semaine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

MEDEF

Pourquoi se priver des Docteurs ?

Plus de 700 personnes se sont retrouvées au MEDEF le 26 novembre

  pour écouter les réponses à cette question.

Quelques points à retenir

*      L’engagement du MEDEF pour favoriser le recrutement des Docteurs

       pour garantir le développement de l’innovation en France.

*      L’élargissement des actions de professionnalisation à l’avant thèse et aux missions en entreprise dans le cadre de la thèse (doctorant conseil).

*      La volonté  affichée par les Ecoles Doctorales et les entreprises

      de travailler en profondeur pour mieux se comprendre

      et mieux agir au travers de groupes de travail et de forums

       le prochain est prévu à Lille en 2008.

Vous y étiez, vos réactions ……

Posté par cforsans à 08:55 - Actu - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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